Aider à construire l’avenir des coopératives laitières

Mondialisation, dérégulation, volatilité, fin des quotas, marchés en croissance, sécurité sanitaire… Les coopératives laitières françaises ont des atouts à faire valoir. Elles doivent réussir, pour cela, quatre chantiers, tous dépendants les uns des autres. Dans cette période de mutation, la FNCL entend aider pleinement les coopératives laitières à affirmer leurs atouts, à réaliser tout leur potentiel et à construire un avenir favorable aux coopératives, à leurs associés coopérateurs d’aujourd’hui et à ceux de demain.

4 chantiers pour réussir

Sommaire :

Nouveau contexte, nouveaux enjeux
Les atouts des coopératives laitières
Les 4 grands chantiers des coopératives laitières :
- Dynamiser les relations avec les associés coopérateurs
- Trouver l’équilibre entre production et marchés
- Créer davantage de valeur en France et à l’étranger
- Instaurer une nouvelle régulation européenne et mondiale

Nouveau contexte, nouveaux enjeux

Mondialisation, réforme de la PAC, diminution des soutiens publics, disparition des quotas… La filière laitière française est aujourd’hui engagée dans une profonde mutation. En France, la principale conséquence est la volatilité du prix du lait payé aux éleveurs dans une filière qui vivait depuis des décennies avec l’implication forte des pouvoirs publics dans la gestion des volumes et l’organisation de la filière. Cette volatilité met à mal les producteurs de lait et les transformateurs. Les élevages sont soumis à des coûts qui varient selon des paramètres différents de ceux des marchés laitiers. Les transformateurs, quant à eux, ont des difficultés à répercuter les fortes fluctuations du coût du lait, leur matière première, du fait de relations économiques déséquilibrées avec les acteurs de la grande distribution et du risque de diminution de la demande en produits laitiers en cas de trop forte hausse des prix de vente.
Au niveau international, le phénomène le plus marquant est la forte croissance de la consommation de produits laitiers par habitant dans de nombreux pays émergents, dans un contexte général d’augmentation de la population. Si la production laitière augmente, elle aussi, dans ces pays, elle ne parvient pas, pour autant, à répondre à l’ensemble de la demande.
Cette situation donne des d’importantes perspectives de croissance sur les marchés internationaux des produits laitiers. Elle est synonyme d’opportunités pour les coopératives laitières françaises.

Les atouts des coopératives laitières

Face aux mutations en cours et aux opportunités qui se dessinent, les coopératives laitières françaises comptent plusieurs atouts :

  • Elles sont incontournables dans l’organisation et le fonctionnement de la filière laitière,
    du fait de leur poids majoritaire dans la collecte.
  • Elles ont construit des positions solides dans un marché français compétitif, très innovant,
    dont sont originaires plusieurs leaders mondiaux.
  • Elles ont l’expertise, les résultats et la culture pour répondre aux standards les plus élevés
    en matière de sécurité sanitaire
  • Elles investissent, seules ou en réseaux, dans la recherche et le développement
    pour l’ensemble de leurs activités, depuis l’exploitation laitière jusqu’à l’assiette du consommateur.
  • Elles exportent une part croissante des produits laitiers qu’elles transforment à partir du lait
    produit par leurs associés coopérateurs.
  • Elles sont en phase avec de nombreuses aspirations de la société française :
    des entreprises humanistes, des productions non délocalisables, un enrichissement collectif et solidaire.
  • Elles sont plus sécurisantes pour leurs associés coopérateurs que les entreprises privées pour leurs producteurs de lait parce que leur projet d’entreprise est de valoriser l’activité laitière de leurs associés coopérateurs et de garantir la pérennité de leur exploitation et parce que ce projet se traduit juridiquement dans leurs statuts et économiquement dans leur stratégie.
  • Elles sont partie prenante des politiques publiques en milieu rural, du fait des activités et des emplois qu’elles développent dans de nombreux territoires.
  • Elles offrent la possibilité aux associés coopérateurs qui le souhaitent, de développer l’activité de leurs exploitations suite à la suppression des quotas en acceptant de collecter des volumes de lait supplémentaires et d’en organiser la commercialisation, notamment sur les marchés à l’export, soutenus par la croissance de la demande mondiale.

Les quatre chantiers des coopératives laitières françaises :

Dynamiser les relations avec les associés-coopérateurs.

Coopérateurs et coopérative sont intimement liés. L’implication des associés coopérateurs dans la compréhension des projets et des stratégies de leur coopérative est une des clés du succès du projet coopératif.
Chaque coopérative doit informer ses associés coopérateurs de ses projets, elle doit leur donner les moyens de s’impliquer dans leur élaboration. Réciproquement, les éleveurs doivent jouer pleinement leur rôle d’associés coopérateurs. Ils doivent connaître les projets, ils peuvent peser sur les décisions.
Le nouveau contexte de la filière appelle à dynamiser les relations entre associés coopérateurs et coopératives, au moment où de nouvelles stratégies sont élaborées et mises en œuvre. Il appelle aussi un autre regard sur le prix du lait et sur la rémunération des associés coopérateurs dans la mesure où les politiques publiques ne garantissent plus des conditions de marchés protégées. Une évolution est aujourd’hui nécessaire vers un prix d’acompte calé sur les marchés et vers des dispositifs complémentaires pour la rémunération de l’engagement financier des associés coopérateurs en fonction résultats des coopératives.

Trouver l’équilibre entre production et marchés

Les associés coopérateurs sont bien plus que des fournisseurs et la coopérative est bien plus qu’un débouché. Ils sont intimement liés. L’un doit apporter tout le lait de son exploitation, quand l’autre doit collecter et valoriser tout le lait produit. Leur objectif commun est d’assurer aux associés coopérateurs un développement pérenne, équitable et rémunérateur.
Dans le contexte de mutation de la filière, un équilibre doit être trouvé à l’échelle de chaque coopérative, entre les attentes des producteurs, les capacités des outils industriels et les débouchés sur les marchés. La maîtrise par la coopérative du volume de lait produit par ses associés coopérateurs est ainsi un impératif pour :

  • sécuriser le risque induit par la volatilité des prix,
  • lutter contre les effets destructeurs de la libération des volumes à l’issue des quotas,
  • garantir la pérennité de ses outils industriels,
  • inscrire durablement l’activité laitière sur les territoires français.

Créer davantage de valeur en France et à l’étranger.

Dans un marché mondial en développement, les coopératives laitières doivent refuser le statu quo et saisir les opportunités. Elles se doivent de capter la croissance des marchés en France et hors France car elles se doivent de permettre aux associés coopérateurs qui le souhaitent et qui le peuvent, de bénéficier de cette croissance.
Cette attitude conquérante nécessite d’améliorer la productivité et la compétitivité tant des coopératives que des associés coopérateurs, qui sont, tous deux, sont confrontés à une compétition de plus en plus vive. Elle doit aussi s’appuyer sur des stratégies commerciales solides, des outils de transformation pérennes, des partenariats durables...
Lorsqu’elle sera ainsi sécurisée, la démarche visant à capter une part de la croissance mondiale des marchés sera créatrice de valeur et source de développement économique à la fois pour la coopérative et pour ses associés coopérateurs, quel que soit leur territoire d’origine.

Instaurer une nouvelle régulation européenne et mondiale.

La mutation de la filière laitière nécessite une nouvelle régulation à l’échelle européenne et mondiale. Cette régulation doit avoir pour ambition d’amortir l’impact de la volatilité des cours des marchés sur les acteurs de la filière. Elle doit aussi limiter les effets nocifs de l’ultralibéralisme car, qu’il soit subi ou choisi par défaut, celui-ci sera destructeur pour les éleveurs, les transformateurs, les consommateurs, l’environnement et la vitalité des territoires.
Les coopératives sont et seront toujours ancrées dans les territoires où leurs associés coopérateurs produisent le lait. Elles contribuent à la dynamique territoriale grâce à leur développement économique d’entreprise. Toutefois, à l’échelle de certaines régions, le maintien d’activités laitières de production et de transformation poursuit, en plus des objectifs économiques, des objectifs sociaux, environnementaux et d’aménagement du territoire. Il nécessite de nouvelles politiques publiques.
Les coopératives laitières ne pourront pas assumer, seules, la responsabilité de ces territoires. Elles joueront leur rôle dans les politiques publiques et dans la création de nouvelles dynamiques territoriales, dès lors que leurs intérêts économiques sont préservés.